03 sept. 2004

.•´¯`•°\/°•´¯`•. Essai : LeTTrE FRoM ViLNiuS .•´¯`•°\/°•´¯`•.

[Texte rédigé en Mai 2004, à mon retour d'un festival de théâtre en Lituanie]

 

L'avion, c'était fuir la réalité. Nager au-dessus de ce tapis de nuages et de ces paysages recomposés. La nuit fut notre hôtesse. Le vent et un froid cinglant nos compagnons d'arrivée. Ainsi dans l'ancienne cité, cœur reconstruit de cette ville dont les facettes m'ont trop été cachées, nous avons trouvé refuge.

Le silence était marié aux rues, une noces si calme qu'on aurait put croire la ville sous le joug d'une malédiction ancienne. Et pourtant nous nous y perdions.

Certains bâtiments siégeaient tranquillement :  la couvertures nocturne ne pouvait dissimuler leur couleurs inhabituelles a nos yeux occidentaux, trop souvent bercés de gris.

Je restais un instant suspendus entre veille et songe, comme pris par la quiétude de cette contrée. Des échos anciens, cliquetis effrayants, murmures inquiétants, trouvaient passage jusque mon esprit.

D'un « geste de la main », une image mentale, je chassais ces fantômes venut me troubler.

J'arpentais les rues, vampire moderne.

L'Occident était partout. Seul ces couleurs habillant certaines églises, ainsi que ces statues sombres et implorantes nous rappelant une autre contrée. Une civilisation vampirisée.

La beauté de cette ville pouvait être éternelle, mais elle ne l'était pas.

Tant de choses l'avait marqué en des rides gigantesques, cachées par le bitume et les espoirs d'une reconstruction éphémere. Le cœur de la ville s'essouflait.

Comme moi perdus dans mes pensees, les jours passants.

Ces battements devenaient des cris, mes fantômes de cette première nuit.

L'alcool semblait être leur remede : la daktiné une panacée. C'est un médicament efficace qui cautérise toute pensée.

Et ils dansaient ces gens sans joie, dont seul quelques âmes, libres par l'espoir, s'aventuraient dans les sentiers du sourire.

Et ils chantaient ces gens sans joie, un hymne a la daktiné, à la bierre qui coule a flot.

Voulaient-ils oublier ?

Pourquoi nous, vampires de l'ouest, conquérants tranquilles, avions nous été mis a demeure dans cette prison dorée : l'ancienne ville ?

La saleté , l'âpreté, la souffrance des gens nous était vendue sous la forme de souvenirs d'ambre, le parfum subtilement transformé pour nous y offrir de la beauté.

Une beauté factice, une actrice jouant son rôle dans la reconstruction de ce pays.

L'argent rentrait mais l'on nous cachait le véritable visage de la ville.

L'Anima de la cité.

Je ne l'ai pas cherché, honte à moi, mais découverte aux détour de conversations, de sourires se voulant rassurants… de regards brûlés trop troublants.

Je ne l'ai pas cherché, honte a moi, mais un chemin bordé d'arbres me mit sur cette route.

Les murmures de la première nuit revinrent, ainsi que des larmes voilant mes yeux.

J'acceptais leur appel, et si ces cris lointain devaient être des sirenes lithuanienes, peu m'importait de me noyer dans le fleuve tout proche, fiancée et mère de Vilnius.

Des marches militaires, des bruits de canons, des chants pour une nation effondrée : mes fantômes étaient nombreux, d'un passé douloureux.

J'acceptais leur appel, alors cette cacophonie se résorba.

Les oiseaux entamaient un nouveau chant, accompagnés par un vent matinal.

J'allais bientôt quitter Vilnius.

Je vit une sorte de puit, ceinturé de vieille pierres.

Ma main se fourra dans ma poche, de mes doigts je caressais une pièce.

M'agenouillant face a ce puit, j'emplis mon être avec l'esprit d'une joie future, pour ces gens. Les gens de la cité, du cœur de glace, des bâtisses bariolées.

Je lâcha la piece, qui se noya sans peine dans cette eau claire.

Puis je repartis en paix.

Comme cette citée…

 *Taika, M*

(note d'après rédaction : Cette ville est belle, ne vous y trompez pas. J'ais juste essayé de donner libre cours à un ressentis autant qu'à de choses vécues réellement « dans le concret ». Peut-être ais-je enjolivé des choses dans ce texte, mais je n'ais rien inventé. Certes, les gens sont anormalement « grave » dans ce pays, mais il en reste de tres acceuillants et meme certains d'extremement souriants. Encore une fois, je ne veux pas faire un portrait sombre de cette ville, meme si je le veux doux-amer. Je vous conseille de la découvrir par vous-même si vous en avez l'occasion. L' « Anima » veut dire l'âme. La daktiné, pour ceux qui se demanderaient, c'est en fait « Vodka » en lituanien. Taika est du lituanien et cela signifie Paix – note, certains l'avaient peu-être deviné – )

 

Posté par _Markus_ à 11:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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