Realm of M

22 janv. 2005

]Au bain, Marie…[

]Au bain, Marie…[

 

C’était un de ces dimanche ou le froid avait remplacé la douce musique des cieux, un jour gris délavé, pas trop salé, encore moins sucré.

  J’étais là, noyé dans un écrit, mes planches illustrées répandues sur la table, des couleurs maculant le bout de mes doigts. Je regardais ces femmes à la peau diaphane que j’avais croquée et habillée de lumière. Polychromie suave d’acrylique léchée.
Je m’en inspirais pour coucher des mots sans sens, des sens sans mots des fois, en phrases antagonistes. Un peu d’érotisme, de duel de corps de phrases, de pin-up textuelles.
Et un nom qui revenait, qui s’écrivait et se déroulait pour devenir litanie d’encre bleu nuit.
Marie, Marie, Marie…
Ce nom virait à l’obsession. Mon écriture, une calligraphie tournoyante en cascade de lettres qui toujours devenaient ce prénom. Et une main frôla mon épaule.
Un frisson me secoua de l’échine à la nuque.
Fébrile je me retournais, non sans remarquer qu’un de me dessins était devenu vierge, silhouette découpée sans corps.
Car ce corps, qui avait prit vie, était là devant moi, son éden qui m’était offert : sa nudité encore fraîchement peinte en un acte de délivrance pour mes passions.
L’odeur subtile des pigments m’enivrait. J’avoue, je chavirais.
Je voulais prononcer ces quelques lettres, la douce musique de son nom, mais un de ses doigts effilés posé sur mes lèvres me scella la bouche.
En silence que je l’accompagnais dans la salle de bain, me dévêtant et laissant choir mes oripeaux au passage. Mes pâles chairs frémissaient.

 L’eau prit du temps à couler, un temps ou je restais à voir la vapeur laisser des traces là ou la peinture gondolait, ruisselait. Sa peau était en vie, à plusieurs reprises je devais tendre la main pour espérer la toucher. Mais jamais je n’allais jusqu’au bout de mon acte.
J’avais bien trop peur de la voir s’envoler.
Puis la baignoire fut remplie, elle m’invita à m’y coucher, la chaleur mordante me caressant. Elle se joignit à moi. J’osais enfin poser mes mains sur son cou, sa poitrine offerte, les boutons de son plaisir. Sa tête rejetée en arrière elle s’abandonnait. Autour de nous l’eau devenait tourbillon de couleur, et sa peau perlait, de milles gouttes onctueuses qui venaient recouvrir mes doigts et mes mains. Sa substance vitale maculait mes avant-bras, mon torse, et ma bouche s’abreuvait de ses soupirs teintés de blanc, jaune, sépia. Je m’aveuglais de son corps qui fusionnait avec le mien, s’écoulait sur moi et à la fin pour m’écrouler dans l’eau.
Elle, avalée par ce bain glouton. Moi, dans cette visqueuse mare moirée de couleurs s’entrelaçant. Je m’écroulais dans le bain de son sang, de mes sens liquéfiés.
Recroquevillé, tel un cormoran piégé par les pigments, je rêvassais sur elle.
Plaisir supra naturel.
Dans son bain, à Marie…

 

 *M* - ψ -

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14 déc. 2004

[::: Pas trop de bonheur :::]

Pas trop longtemps
Le dénouement, les draps qui se déchirent
La peau qui crisse, les sens qui se hérissent
Pas trop longtemps
Les doigts qui cherchent les chairs
S’y enfoncent pour s’y complaire
Une langue qui suinte
Des mots gutturaux, amoraux
Qui se lovent amoureux
Dans les cris chuchotés
Harnachés
Pas trop longtemps
Le bonheur est a nous
Mais pas trop longtemps


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Que le bruit se fasse beau, que le beau se fasse musique !
Et si cette musique m’était contée…
[De toute façon, pour beaucoup la musique que j’écoute c’est du bruit :-]

 {Accompagné par Riccardo Villalobos – Hireklon (sur « Un thé au harem d’Archimède » ; on Perlon)}

 
Basses, clapotis, basses…
Elles alourdissent l’atmosphère, lui donne ce goût brûlé
Basses et cliquetis, c’est les chevaliers qui font ti, ti, ti…
Une cascade, virtuelle, de sonorités irréelles
L’effet va en se détruisant, les ondes bougent autour de moi
Et les yeux fermés me portent en d’autres mondes
Le son existe, mon mur vibre, des feuilles tombent
Et une basse les fauche au passage…
Un tzuing de guitare fantôme vient rejoindre
Ses soeurs infras, intra..
Une mélodie de l’erreur, mais agencée pour devenir horizon de son
Mélodie en reverb, dub erratique
Une Espagne synthétique s’invite, bien que spectrale
Et les basses étreignent les cordes réverbérentielles
Irrévérence du langage musical
Moment de répit, juste les cordes
Elles s’étranglent, et moi avec
Les feuilles au sol sont inertes
Les cordes dansent, chantent
Les basses se cachent en wah-wah secrets
Pour reprendre et tonner, en criquet-cliquats
Tatada perdus dans cette alchimie, ça clique et ça claque
J’ouvre les yeux, et la reverb est morte…
[Écris le temps d’un morceau – 9min02]

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01 déc. 2004

le lit

::[LE LIT]::

Un lit
Une tache
Un lit
Un instant…
Je me vautre je ris d'être plein en ce lit et je touche d'être étanche et je bouche me démange et ces bouches qui se croisent comme les draps se décroisent et l'ami et l'amant et la maîtresse maîtrisant et l'amoureux maîtrisé enchaîné à ses pieds et le gras et le rond et la chair et le sang, un dessert je le sens, un désert pour les sens. Un instant. Un après. Un peut-être. Un jamais. Je me défie, elle se délie, elle me promet, je me dédis. Dédicace aux amoureux du sommeil du juste bienheureux et des mots sans vraiment lettres, et des lettres pour décrire mes maux sur ce lit de maladie, sous ce lit de maladresse. Sans adresse, un matelas, me convoite, je suis là…
SDF – sans douceur fixe
Je m'agresse
Et me tourne et me retourne
Je saigne
Je me suis signé
D'un peu de vie
Tache rouge sur fond gris
Un lit
Une tache
Un lit…

- ψ -

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Sans titre

::]Creation[::
(ceci est un texte créé suite à un jeu, qui demandait la réinterpération personnelle d'un texte. Avant ma création, j'exposerais en petit et en italique, le texte original de Myrrdh - l'initiateur de ce jeu d'écriture)

Le but est simple: un texte à modifer selon VOTRE style, vos mots, votre ponctuation, votre espacement et que sais-je encore. Gardez l'idée principale et libérez vos plumes de leur écrin...

***

Entendez-vous la musique du monde ? Entendez vous le râle de cette masse pesante et trébuchante qui chaque jour se presse vers la gueule de ces bêtes immondes couleur béton ? Cette musique vous fait rêver, cette musique vous berce et vous maintient dans ce sommeil qui dure une vie. Vous ne faites que rêver la vie que vous menez, vous n'entrevoyez rien d'autre que ce que la 'raison' vous mène à croire… Jamais vous ne doutez, ce n'est pas fait pour vous.

Imbécile ! Ne vous rendez-vous pas compte que tout ici n'est qu'illusion ? Ce monologue déjà, ces paroles, ces lettres… Je suis fou et c'est cela qui me permet de vous dire ce que je pense… Rien au monde n'est vrai, je vois déjà des millions d'helminthes grouiller et se faire écraser sous vos pas… Je les vois parce que je me suis réveillé, parce que je l'ai voulu…

Allez au bout de vos rêves, allez-y, n'hésitez pas, vous ne rencontrez que cette abyme grisâtre dans laquelle je me suis plongé.
Une chute. Un moment infini. Un instant d'éternité. Un écrasement sur le sol. Mon cerveau s'affole, dégringole et coule dans la rigole qui le jette dans un caniveau… J'avais pensé qu'une mort touche bien plus que cela. J'avais pensé qu'une vie importait à celui qui l'avait vécue. Rien. Pas un sentiment, je n'en n'ai que faire. Cette vie n'est qu'un songe, vous en faisiez partie et si vous saviez seulement comment je vous vois, vous ne me regarderiez pas comme cela.

A vous revoir une fois prochaine dans votre sommeil jeune homme…

C'est sur ces mots qu'il se réveilla et vit sa chambre, son monde avec plus de distance. Haletant, en sueurs, il attend le fantôme qui viendra une fois de plus hanter ses nuits…


Ma version:

Une divine musique…
Doucement, très doucement. Trop doucement.
Musique des sphères…
Un air bourdonne à mes oreilles.
Odeur de fer. D’artères.
C’est la musique du Parrain.
J’ai mal.
Je chute.
Je meurs.
Fondus au noir.
Lumière…

 ***

 …du petit matin. Brûme et bruime dansent en sanglots à l’extérieur. Il fait froid, je frisonne. En fait je suis légèrement vétus. Pantalon de toile, chemise rayée bleu-ciel. Je me retourne, dos a la porte du café. Odeur de café, parfum corsé.
Je regarde ma chemise, tâches blanches sur fond bleu. Tout commence à bouger, la chemise devient firmament, les tâches des nuages nacrés. Je me frotte les yeux.
Une serveuse me frôle la cuisse de la main. Réaction machinale, matinale. Je me sens gêné. La toile du pantalon est vraiment légère. Et ma réaction visible, spontanée. Mais elle s’en fout.Tout le monde s’en fout en fait.
Je les dévisage, ces treize personnes (serveur, serveuse et clients compris). Aucun ne se soucie de ma gêne. Je ne suis pas dans le même monde qu’eux. Quoi que ?
Un couple. L’homme me fait signe. La femme me sourrie.
Je m’approche, m’attable, m’assied. Je commande un café.
L’homme tient quelquechose entre deux de ses doigts, index et pouce.
« Tu sais ce que c’est ? » me demande t-il. Je vois bien que c’est un ver. Un blanc et juteux asticot. Juteux, je le sais car à mes paroles l’homme écrase le parasite.
« C’est rituel » me dit-il en s’essuyant les doigts dans une serviette marquée au sceau d’un lys doré. « Par cette destruction symbolique, c’est un million d’helminthes qui meurent »
« Je ne comprends pas » lui dis-je, sincèrement. Etrange. Tout cela est étrange.
« Tu comprendras » m’assure-t-il. Je n’ai d’yeux que pour sa compagne.
Il ressemble à Marlon Brando jeune, le tein plus cireux et les cheveux plus sombres.
Elle c’est une déesse. Etoile du matin. Ma gêne me reprend. Je rougis. Vivian Leigh. Mais blonde. Une poitrine plus militaire.
« Mon nom est Jakin » me dit l’homme « et voici Boaz, ma femme… »

Je crie.

Fondus au noir…

 ***

 …retour au blanc. Immaculée connection. Le café chauffe mon estomac.
Jakin est là, non loin, me parlant, l’air distant. Seul point qui le rallie à moi, son cigare, usine à fumée qui en sac et ressac m’assaillit et se rétracte.
Boaz est plus proche, accoudée. Penchée en avant, décolleté et regard plongeant.
La fumée l’évite. Pourtant je suis face à elle, regard intoxiqué, rouge braisé même si mes yeux n’ont d’yeux que pour elle. Eternelle.
Et lui, il parle, sans répit et sans fin. Il ne nous regarde même plus.
Elle me prend la main délicatement. Et cette fumée qui m’aggresse. Comme si d’instinct elle savait cette scene contre nature et voulait défendre celui à qui elle devait son éphémère existence. Les pieds de Boaz rencontrent une de mes jambes, le pantalon est toujours aussi fin. Et le désir toujours aussi plein. Les mots se mêlent aux sensations, et les sensations aux volûtes fantômatiques. Mes yeux me piquent. Leur deux formes se brouillent, alors que seul les appels au vice de Boaz me rappelent la réalité de la situation… Jakin parle en un hymne :
«Entends-tu ? Cette musique. Le monde est son violon. Et le râle. Le cri. Des moutons. Vous rentrez et sortez de vos temples fait de billets. Dragons de béton. Les violons, rêveurs, violeurs. Violeur de votre vie dans le sommeil de vos âmes. Rien. Rien n’a de sens. Votre existence ? Un vide chloroformé. Un rêve dépouillé de toute essence. Toute décisions. Tout est juste, tout est bon. Sauf le doute. Pas bien. Pas le doute… »
Je suis comme hypnotisé. Dodelinant du chef. Mes jambes ouverte, anesthésiées, le pied précis massant ce qui me fait honte en ce moment même. Mes yeux fermés, mais bientôt ouverts. Je veux voir. Je veux m’éveiller.
« Imbécile ! Tu gardes les yeux fermés ! C’est normal, ouvert tu ne perçois qu’illusion. Ce monologue déjà. Ces paroles » j’entre-ouvre les yeux, la fumée s’est faite alphabet. Le pied de Boaz, à mon grand regret, quitte le seuil de mon plaisir.
« Et ces lettres évanescentes. La folie a nimbée nos formes. Nous rendant un corps avec lequel nous pouvons te parler. Car rien au monde n’est vrai. Mon sacrifice. Mon ver émissaire. Le prix à payer pour voir. Décide cela. Maintenant. Comprends… »
Boaz est distante, Jakin perdu. Deux formes derrière un opaque voile. Cela se dissipe un peu, et au loin des deux silhouettes je ne reconnais que leur forme, longiligne.
Deux collonnes, parfaites, majestueuses. Parfaites.

Sagesse et intelligence.

Sans le vouloir je me dérobe de ma chaise, part vers l’arrière.
A l’envers je vois des mariachis se placer sur une estrade. La scène se déroule au ralenti. A mes pieds un abîme grouillant, saumâtre et grisâtre. J’y plonge quand les premiers accords se font entendrent…

 ***

 …en une divine musique.
Je vais doucement, très doucement.
Trop doucement.
Musique des sphères.
Un air bourdonne à mes oreilles.
Odeur de fer. D’artères.
C’est la musique du Parrain.
J’ai mal.
Je chute.
Je me réveille.
Au pied du lit.
Le reveil chante.
Et le désir me hante…



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Ma vie en tant que Saint Empereur Germanique

::]CREATION[::
(écrit dans le cadre d'un sujet sur la schizophrénie)

Comme d’hab’, il me faut de l’inspiration, j’ouvre donc l’Atlas Historique : Moyen Age/Allemagne I (911 – 1024), empire des Ottons.

moi dans :

« Ma vie en tant que Saint Empereur Germanique »

Je me présente, mon père s’appele Henri.
Je voudrais bien réussir ma vie, mais je suis trop de gens en moi pour vraiment bien faire cela.
Attendez, je vais me servir un café, et je m’explique.
Voilà, c’est fait, et étant bon prince (je devrais dire Empereur) je laisse le chat se lover à mes pieds.
Quel chat ? Mon chat voyons.
Entre Gotcha, son nom actuel, et Théophano, le nom qu’elle a lorsqu’elle est mon épouse (moi là, je suis le deuxième) mon cœur balance.
Comment ça, quel deuxième ?
Mais Otton.
Otton II, le deuxième. Comme je suis le I, et le III.
Je suis moi aussi. Moi, moi quoi, pas un Otton.
Même pas Bambolino (le bouffon de ma cour en tant que III, mais bon il est mineur dans ma vie, je ne suis lui uniquement quand j’ai de bonne surprises financières et que je danse la gigue dans la rue. Autant dire que cela m’arrive rarement.)..
Comment est-ce arrivé ? Bonne question.

Un jour, ou un soir, ou les deux, je vivais des moments intimes avec mon amie. Ca arrive vous savez. Alors la chevauchant, l’éperonnant, bref je ne sais pas si il est bon de rentrer dans de tels détails techniques, je lui criais « en avant pour la conquête de tes territoires ma belle ». Et puis là l’éclair de lucidité.
Je fus projeter en arrière… fontaine de souvenirs, flot orgasmique de ma vie passée mais présente.
Elle se tourna face à moi, et sur son ventre et ses seins des scènes de batailles se surimposaient. Quand je m’approchais, elle prit ma tête entre ses mains, pensant que j’allais lui embrasser la peau tiède.
Mais neni, je me penchais pour rentrer dans ce tableau vivant de temps anciens. Qui était mes temps moderne.
Mon visage au trois-quart enfuis dans ses chairs, qu’au loin je l’entendais me dire « ce n’est pas grave. Ca arrive tu sais. Ca arrive ».
« Oui mais », c’est ce que je me disais en ce moment là, « Oui mais, pas à moi. Merde, je ne suis pas n’importe qui quand même. Otton dit le premier, fils d’Henri Ier l’Oiseleur. Empereur de la Très Sainte Germanie… »

Enfin, je vais faire l’impasse sur la manière dont je mis cette femme hors de chez moi (« Nous Otton I et III –j’avais pas encore conscience d’être le II, ni Bambolino d’ailleurs- ne pouvons souffrir de vivre avec une femme qui n’est pas née de la Haute Noblesse, coï ! »)
Bon, j’avoue m’être assagit de ce côté depuis lors…

Enfin, je ne vais pas tergiverser.
Mais c’est dur.

Oui, oui, vous m’avez bien entendus… c’est dur.
Aller chercher son pain, tout en étant intronisé à Aix-la-Chapelle par tous les nobles d’Allemagne réunit. Sans oublier qu’en même temps je complotais, en tant que III, avec mon cousin Bruno pour qu’il puisse devenir Pape. Alors quand on me demande la monnaye, je m’emporte, et je crie « On va les bouffer ces coyonars de slavons d’Hongroirie ».
Ou pire, à mes troupes en tant que I, au côté d’Herman Billung et du Margrave Géron, leur faire une invective contre la télé-poubelle-réalité tout en leur exposant  mon plan pour protéger les frontières orientales de mon Empire. Pas une sinécure…

Non, pas facile…

On dit qu’être Roi c’est bien, Empereur c’est mieux.
Et bien moi qui en suis trois à la fois, je vous l’avoue :
C’est profondément chiant…

 *M*



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17 nov. 2004

...et moi - eMouHa


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Une image...


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10 nov. 2004

♀ - NOCES BARBARES - ♂

-À une muse nocturne-

{ Coiffe (de mariée : Tsunokakushi) – Tsunokakushi signifie littéralement : cacher (kakushi) les cornes (tsuno). Au Japon, l’on pense que les femmes sont sujettes à être jalouses et dans ces cas-là des cornes leur poussent sur le front. Cette coiffe de mariage est une sorte de bandeau blanc qui doit empêcher la croissance des cornes de jalousie. _Dictionnaire des symboles_ }


« Je t’aime » avait-elle dit dans un murmure. Éphémère.

Noriko avait vingt ans, son amant dix de plus, et ils oubliaient ce détail dans des dédales de luxure. Sa chair laiteuse sur son teint hâlé,  la pénombre de la chambre mêlant d'obscur ces deux corps ; un lit dernier refuge de sa pudeur, elle s’abandonnait. S’était abandonnée.

Elle avait le regard qui pétillait, et pourtant il fuyait au jeu rieur des yeux de son compagnon. Elle essayait de distinguer les tréfonds de son âme dans le bleu de ses yeux, voilé de nuit, dans des sourcils broussailleux et des rides esquissées. Sa main cherchait une accroche sur ce lit, un soupçon de réalité a percevoir : le reste était comme un rêve. Un de ces rêves mi-éveillé, mi-érotique qui pointe lorsque le sommeil s’évanouit, tout doucement.

Lentement, mais avec fermeté, il lui caressa un sein, s’attarda sur le bouton qui se gonflait et de ses doigts agiles contribua à faire jaillir en elle une seconde vague.

Il chercha des yeux à comprendre ce qu’elle désirait, ça elle l’avait clairement discerné, puis son visage se tendit vers elle. Souffle tiède sur peau blanche perlée. Nez qui se caressent, lèvres entrouvertes ; émail qui se rencontre quand les langues s’enlacent.

Ils avaient déjà fait l’amour une fois, une fois rapide, montée de désir que l’on ne peut freiner. Qui ne peut traîner.

Mais là quand ils allaient recommencer, et elle savait qu’ils avaient déjà franchi la limite, cela serait long, tiède, moite, bon, suave, amer, doux. Un instant d’éternité.

Prélude à la mort.

C’était vrai, elle l’aimait. Irrémédiablement, sans vraiment le connaître, juste de l’avoir rencontré, leur corps entrecroisés. Si la perle de l’orgasme devait rouler, elle savait, ce soir, qu’elle ne pourrait plus faire marche arrière.

Elle l’aimait, et l’aimerait.

La première fois, il avait joui, mais pas elle. Elle avait quand même senti une chaleur monter, devenir tourbillon des sens, couleurs et senteurs qui s’affolent.

Trop tard maintenant, il venait d’initier le moment. Elle devrait le stopper, mais elle n’en eut pas le courage.

Sa langue s’aventurait plus bas dans ses chairs, ses mains toujours sur sa poitrine gonflée.

Le souffle tiède descendait, dessinait son cou, la vallée de ses seins et les lignes de son ventre. Ils échangèrent un regard, lui de ses yeux qui souriaient, elle énigmatique, et bouche en avant il plongea dans ses mystères.

Noriko projeta sa tête en arrière, hoquet de surprise teintée de plaisir. Avec ardeur il découvrait de ses dents et de ses lèvres voraces le temple de la déesse.

Là, oui, parfait… Le moment d’éternité, où le suc de jouissance ruisselait ; et lui de le recueillir comme les mystiques s’enivrent de Soma, et recevoir l’illumination…

Mais l’illumination était à elle. À Elle !

«  A moi, à moi » criait un voix dans sa tête, « à moi, je chavire, je tombe. A moi, je ne veux pas, j’ai peur de ça… » Elle ne voulait pas l’aimer, mais il était trop tard.

Elle ne voulait pas l’aimer car elle ne voulait pas le perdre.

Noriko, encadrant le visage de son amant avec ses mains, le détacha de la source de son plaisir. Elle se pencha pour lui baiser les lèvres, goûter à leur deux saveurs mêlées et aperçut son sexe bandé.

« Je ne veux pas te perdre » lui murmura t’elle à l’oreille, sa main droite couvrait le sceptre de chair. Elle le caressait de sa base à son sommet en va-et-vients incessants, pour se fondre finalement en lui, langue joueuse.

Son compagnon émit un râle, une longue plainte qui devait signifier « oui, tu me fais découvrir un rivage d’extase car ta bouche devient le miroir de toute mon existence, en ce moment précis »

Ou du moins, c’est ce qu’elle voulait décoder, alors que le sang palpitait sous ses caresses.

Elle se retira vivement.

Surpris, il la toisa et ils restèrent un instant ainsi.

«  Je ne veux pas te perdre » dit-elle avant de laisser à nouveau sa langue couler sur lui, et de sa bouche devenir le calice de l’extase. Il souriait, il devait sourire…

 

Plus maintenant.

Les sanglots accompagnaient un râle d’une autre nature, et le sang qui se mêlait à la semence jaillie. N’aurait-il pas eu le souffle coupé, son souffle de vie et de mort annoncée, qu’il aurait tenté de se défaire d’elle. Mais tout avait été trop vite.

C’est elle qui prit l’initiative de se détacher, avec un bruit sinistre : celui de la chair qui se déchire. Il la regarda comme elle était, un monstre maculé de sang, dégoulinant des deux cornes ornant son front. Il n’essaya même pas de comprendre comment Noriko avait pu devenir « ça » ; en un instant l’instrument de son plaisir, l’instant d’après celui de son trépas…

« Pourquoi moi ? » réussit-il à articuler. Puis un vent glacé l’emporta.

Elle contempla l’éternité figée dans son regard bleu éteint, se coucha près de lui, ses cornes doucement se rétractant. Et doucement elle caressa le corps, laissant ses doigts s’attarder sur les deux trous béants, d’où le sang avait cessé de s’écouler.

Posant un baiser écarlate sur sa joue blême, elle lui répéta :

« Je ne veux pas te perdre »

 

*M* _ Ψ



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Soy de retour

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16 sept. 2004

 (¯`·.¸¸.·´¯`·.¸¸.->Sometimes some musiK<-.¸¸.·´¯`·.¸¸.·´¯)

p0rn0cratès - un set de musique teknoïde pour l'émission radio Pornostar

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03 sept. 2004

.•´¯`•°\/°•´¯`•. Essai : LeTTrE FRoM ViLNiuS .•´¯`•°\/°•´¯`•.

[Texte rédigé en Mai 2004, à mon retour d'un festival de théâtre en Lituanie]

 

L'avion, c'était fuir la réalité. Nager au-dessus de ce tapis de nuages et de ces paysages recomposés. La nuit fut notre hôtesse. Le vent et un froid cinglant nos compagnons d'arrivée. Ainsi dans l'ancienne cité, cœur reconstruit de cette ville dont les facettes m'ont trop été cachées, nous avons trouvé refuge.

Le silence était marié aux rues, une noces si calme qu'on aurait put croire la ville sous le joug d'une malédiction ancienne. Et pourtant nous nous y perdions.

Certains bâtiments siégeaient tranquillement :  la couvertures nocturne ne pouvait dissimuler leur couleurs inhabituelles a nos yeux occidentaux, trop souvent bercés de gris.

Je restais un instant suspendus entre veille et songe, comme pris par la quiétude de cette contrée. Des échos anciens, cliquetis effrayants, murmures inquiétants, trouvaient passage jusque mon esprit.

D'un « geste de la main », une image mentale, je chassais ces fantômes venut me troubler.

J'arpentais les rues, vampire moderne.

L'Occident était partout. Seul ces couleurs habillant certaines églises, ainsi que ces statues sombres et implorantes nous rappelant une autre contrée. Une civilisation vampirisée.

La beauté de cette ville pouvait être éternelle, mais elle ne l'était pas.

Tant de choses l'avait marqué en des rides gigantesques, cachées par le bitume et les espoirs d'une reconstruction éphémere. Le cœur de la ville s'essouflait.

Comme moi perdus dans mes pensees, les jours passants.

Ces battements devenaient des cris, mes fantômes de cette première nuit.

L'alcool semblait être leur remede : la daktiné une panacée. C'est un médicament efficace qui cautérise toute pensée.

Et ils dansaient ces gens sans joie, dont seul quelques âmes, libres par l'espoir, s'aventuraient dans les sentiers du sourire.

Et ils chantaient ces gens sans joie, un hymne a la daktiné, à la bierre qui coule a flot.

Voulaient-ils oublier ?

Pourquoi nous, vampires de l'ouest, conquérants tranquilles, avions nous été mis a demeure dans cette prison dorée : l'ancienne ville ?

La saleté , l'âpreté, la souffrance des gens nous était vendue sous la forme de souvenirs d'ambre, le parfum subtilement transformé pour nous y offrir de la beauté.

Une beauté factice, une actrice jouant son rôle dans la reconstruction de ce pays.

L'argent rentrait mais l'on nous cachait le véritable visage de la ville.

L'Anima de la cité.

Je ne l'ai pas cherché, honte à moi, mais découverte aux détour de conversations, de sourires se voulant rassurants… de regards brûlés trop troublants.

Je ne l'ai pas cherché, honte a moi, mais un chemin bordé d'arbres me mit sur cette route.

Les murmures de la première nuit revinrent, ainsi que des larmes voilant mes yeux.

J'acceptais leur appel, et si ces cris lointain devaient être des sirenes lithuanienes, peu m'importait de me noyer dans le fleuve tout proche, fiancée et mère de Vilnius.

Des marches militaires, des bruits de canons, des chants pour une nation effondrée : mes fantômes étaient nombreux, d'un passé douloureux.

J'acceptais leur appel, alors cette cacophonie se résorba.

Les oiseaux entamaient un nouveau chant, accompagnés par un vent matinal.

J'allais bientôt quitter Vilnius.

Je vit une sorte de puit, ceinturé de vieille pierres.

Ma main se fourra dans ma poche, de mes doigts je caressais une pièce.

M'agenouillant face a ce puit, j'emplis mon être avec l'esprit d'une joie future, pour ces gens. Les gens de la cité, du cœur de glace, des bâtisses bariolées.

Je lâcha la piece, qui se noya sans peine dans cette eau claire.

Puis je repartis en paix.

Comme cette citée…

 *Taika, M*

(note d'après rédaction : Cette ville est belle, ne vous y trompez pas. J'ais juste essayé de donner libre cours à un ressentis autant qu'à de choses vécues réellement « dans le concret ». Peut-être ais-je enjolivé des choses dans ce texte, mais je n'ais rien inventé. Certes, les gens sont anormalement « grave » dans ce pays, mais il en reste de tres acceuillants et meme certains d'extremement souriants. Encore une fois, je ne veux pas faire un portrait sombre de cette ville, meme si je le veux doux-amer. Je vous conseille de la découvrir par vous-même si vous en avez l'occasion. L' « Anima » veut dire l'âme. La daktiné, pour ceux qui se demanderaient, c'est en fait « Vodka » en lituanien. Taika est du lituanien et cela signifie Paix – note, certains l'avaient peu-être deviné – )

 

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02 sept. 2004

 

MON BUREAU VITUEL..où il fait bon vivre, bon vivre...

{ce n'est pas très littéraire me rétorquera-t-on, mais bon, la vie est faite de tellement de choses}

-L'image provient d'un détail de couverture d'un comics de la série Doom Patrol, 3ème incarnation-

Posté par _Markus_ à 20:58 - Commentaires [1] - Permalien [#]

-:::{ Sur une question de l'origine de la poésie }:::-

L'origine de la poésie?
une gerbes de matière, magma [in]créé qui s'extrait de la première lumière.
Fiat Lux...
Mais aussi la beauté fut.

De manière plus personnelle:
nos yeux clôt par la souffrance d'être arraché à l'Eden maternel, nimbé de lumière agressive; on les ouvres avec le temps, on a pas l'habitude, le monde se dévoile et nos yeux se voilent, une larme protectrice... un jeu de regard, une déformation de la réalité que l'on découvre.
Ainsi est né la première poésie.
Car poème est "beau" vu par la lumière de "je ressent"

Et puis je peux me tromper, donc crucifiez-moi sur une croix de vers chauffés à blanc; une mitrailleuse véhémente crachant sur mon corps meurtris des mots vils et claquants...

-M- Ψ - sept 04

Posté par _Markus_ à 18:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]

.•´¯`•°\Exercice "Slam" hIp-HoP sTyLe {images trouvée on theu webeuh}/°•´¯`•.

 

Yo Mama

What's up Mama?

Everything fucked up?

Cool it up!

Hey Mama

Don't fight our mind

We're the same kind

 

On oublie, oh Mama

On s'oublie

Forget pas

Laisses nous l'temps

On va rentrer dans l'rang

Ouais Mama

On est pas des glands.

 

Yo Mama

What's up Mama?

Everything fucked up?

Cool it up!

Hey Mama

Don't fight our right

(We) won't cause your blight

 

On révolue, oh Mama

On évolue [aussi]

T'inquiètes pas

Laisses nous l'bénéfice

On vit pas que d'vices

Ouais Mama

On est tous tes fils

 

Yo Mama

What's up Mama?

Everything fucked up?

Cool it up!

Hey Mama

 

Yo Mama

What's up Mama?

Everything fucked up?

Cool it up!

Hey Mama

 

Fuckorama, Mama

On finira tous

Dans les Ombres

des Ombres

de la Vallée d'la Mort

Ouais Mama

Bien avant toi

Fait pas chier

Embrasse moi

Avant qu'je me couche

Pour l'éternité

 

 

 

Posté par _Markus_ à 14:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 sept. 2004

-Exclusif for the Realm-

"Volupté?" - 01 Sept. 2004

Image de chair//Frisson//Unisson//Sensation***

(découverte on theu webeuh: "Decadence" -merci g**gl*- )

       

Posté par _Markus_ à 12:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Who am i? ?i ma ohW

homme; forme; formé, créé; incréé; tout; et rien;

Paradoxe: opinion contraire a l'opinion commune, chose qui va a l'encontre de l'opinion commune. philo/ contradiction a laquelle aboutit, dans certain cas, le raisonnement abstrait.

Paradoxal: Porté au paradoxe/ qui tient du paradoxe.

Je suis/ un impénitent paradoxe/ un impénitent raconteur/ un pénitent humain/ un peiné être avec une conscience/un pinteur de bons mots/un peintre de la réalité.

Se définir, c'est mourir un peu.

Je n'aime pas mourir.

Heureusement pour moi, ça n'arrive qu'une seule fois dans sa vie.

J'aime aimer, être passionner, pleurer, rire et caresser.

Ma pensée éclot comme une fleur nourrie d'espoir.

Ivresse et ivraie, dans la même livrée...

merci de votre attention;

*M*

Posté par _Markus_ à 11:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Souvenir du passé...

Posté par _Markus_ à 11:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Se Souvenir...

 

Je me souviens d'un moment précis, une étincelle d'éternité. Je perds pieds.
Car je me souviens du vide et de la sensation de froid et du cris lointain et de ta peau, moite, contre la mienne et d'un rire strident et d'une larme d'enfant et d'un baiser partagé et d'un coït endiablé et d'un toucher, d'une vague de chaleur, de douleur, d'un rouge éclaboussé, un océan de couleur, toute ma vie défilée et dédiée à ma mémoire s'embrasant.
Je me souviens d'un soupir.
Le dernier.
Et je en me souviens plus de rien.
je ne me souviens plus.

Posté par _Markus_ à 11:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]

"Ambre du temps passé"

Posté par _Markus_ à 10:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]